La Kabane à défendre

——— Contexte ———

Ce lundi soir (21/11/16) la Kabane a été détruite par, de source sûre, la sécuité de Paris 8. Des étudiant(e)s présent(e)s sur place ont pu témoigner de la démolition de notre espace par les vigiles avec la simple excuse que « la Kabane fait tâche au sein de l’université ».

Voilà le bordel (photos ci-dessous) que le service logistique nous a laissé en pensant que ça allait nous ralentir. Mais, au contraire, on est néeeee(ss) du bordel et on va continuer à faire encore plus de tâches sur ce territoire qui nous appartient et qui surtout est valorisé par ce type d’expérimentation sociale, culturelle, politique…

>> Pour la petite histoire ::: il y a un mois, un mot avait été laissé à la Kabane pour nous prévenir de sa destruction et les rumeurs couraient déjà. Nous avions, de fait, pris contact avec la maison des étudiants pour en savoir un peu plus, ré-engager le dialogue. Évidemment, ils n’étaient pas au courant ! Notre but était à ce moment, aussi, d’expliquer en quoi le projet initiale avait évolué. La personne que nous rencontrons alors nous demande de laisser nos coordonnées (mail kabane + numéro téléphone) afin de nous prévenir si quelconque mesure à l’égard de Kabane a été prise.

La Maison des Etudiants s’est donc placée en intermédiaire en nous demandant de ne pas aller solliciter d’autres interlocuteurs. La décision vient sans doute d’un autre bureau, d’une autre réunion décisionnelle… toujours est il que la suite vous la connaissez : Kabane détruite sans préavis / contact… ce qui laisse présager une impossible reconstruction, des démarches plus compliquées ( ou pas ) <<

UNE BONNE RAISON pour NOUS TOUXS de s’indigner face à la volonté, du système (autoritaire) universitaire, d’uniformiser et aseptiser la fac ( dont les aménagements et travaux sont l’exemple même des priorités de son développement – ceci est un autre débat… à venir -).

Leurs obligations et principes nauséabonds, tel l’Empire destituant les multiples, ne freineront jamais nos désirs de création et de partage! Il ne tient qu’à nous touxs de nous serrer les coudes et de mettre la main à la pâte pour (re)construire ensemble notre nouveau lieu et continuer à faire vivre l’université, autrement qu’à travers le perfectionnisme établi en cours : espérer l’extra-scolaire qui, d’une autre façon que les cours, participe à notre avenir et notre envie d’être à Saint-Denis.

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Kabane est à touxs et pour touxs

——— Témoignez ———

NOUS VOUS INVITONS A TÉMOIGNER DE CE QUE REPRÉSENTE POUR VOUS KABANE, CE QUE VOUS AIMERIEZ Y VOIR…

––> http://kabane.org/Temoignages/ <––
(quelques-uns plus bas)

——— États des lieux ———







——— Premiers témoignages ———

D Nicolas

La destruction de la Kabane, lieu d’utopie(s) concrète(s) est une honte ! Elle s’inscrit dans une volonté non dissimulée de « retour à l’ordre » au sein d’une université qui devrait prôner le désordre comme mouvement premier vers l’émancipation, la réflexion… Il s’agit d’une volonté globale, s’associant au refus de créer une salle interdépartementale, qui vise à empêcher les étudiant.es, enseignant.es, personnels, d’avoir un lieu autre, lieu ouvert, lieu non affecté, lieu où se réunir, échanger, partager en dehors des cours…
La cabane est, dans le mouvement même qui la crée, un lieu ouvert, précaire, fragile. Entre intérieur et extérieur, au prise avec le dehors, elle est souvent, et depuis tout temps, l’espace d’habitation des rejetés, des plus pauvres, des réfugiés, des sans domiciles, des nomades et autres personnes en marge du système. Foyer ou nid fragile de celles et ceux qui n’ont rien, elle s’oppose à la propriété privée qui fonde l’exclusion organisée du monde capitaliste. Toujours elle résiste, détruite, rasée, elle est la ZAD multiple. Lieu d’utopie de notre enfance, première et dernière architecture, elle est un lieu de contestation et de création portée par une pensée du bricolage, de « ce qui vient sous la main », prônée par Claude Lévi-Strauss ou encore Henri David Thoreau. S’opposant à l’architecture de l’ingénieur elle propose une forme d' »anarchitecture » comme le défend l’artiste Richard Greaves. Mouvante, protéiforme, construite à partir de la ruine d’autres habitations elle renaîtra, ici, ailleurs, partout, dans nos universités, dans nos villes, en marge, mais pour nous au centre, au coeur !


Axel B

J’ai entendu parler pour la première fois de Kabane l’année dernière, ils faisaient alors circuler des questionnaires. J’ai tout de suite été attiré par ce lieu, mais je n’ai su l’intégrer réellement que cette année.

J’ai été impressionné et ému par cette matérialisation d’un désir de créer un espace commun, un lieu d’échange, de partage, d’entraide au sein de la fac. C’est un lieu qui fait résistance à l’idée que l’université est un lieu de passage.
Il y a une dynamique extrêmement positive là dedans. On s’y sent bien, j’y ai croisé que des gens passionnants et souriants.
Je vois aujourd’hui dans sa tentative de destruction la monstration de ce que l’avenir nous réserve, la menace sur nos refuges, le désir destructeur de domination.

Mais la Kabane tremble mais ne tombera pas.

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Contact – Venir

Publié par

kabane

En 2014, des étudiants de Paris 8 ont commencé à construire une cabane avec des matériaux de récup’ à la fac… Depuis, elle s’est transformée pour devenir, Kabane, un lieu de convivialité où se retrouvent les gens de passage à l’université Paris 8. Cet espace, occupant le paysage universitaire tel un laboratoire auto-géré collaboratif, cherche à activer des dynamiques de rencontre et d’action.

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